Gili 2

Ce projet de villa à Bali constitue une variante du projet Gili 1, développée en collaboration avec Nicolas Capron. Cette nouvelle proposition conserve les grands principes d’implantation et de composition du projet initial, tout en proposant une approche constructive différente, davantage ancrée dans une logique d’économie et de mise en œuvre de techniques traditionnelles locales.

La villa s’organise toujours autour de plusieurs pavillons répartis dans un jardin tropical, accueillant cinq chambres indépendantes. Cette disposition permet de préserver l’intimité de chacun tout en favorisant une relation directe avec la nature environnante. Les différents bâtiments sont reliés par une piscine aux formes organiques qui traverse le jardin et accompagne les circulations entre les espaces. L’ensemble s’inscrit dans une approche du dedans-dehors caractéristique de l’habitat balinais, où l’architecture se déploie au contact direct du paysage.

Le pavillon principal, dédié aux espaces communs, accueille les lieux de vie partagés. Cette variante a été l’occasion de questionner à nouveau l’organisation intérieure en inversant la position du salon et de la cuisine. Le salon occupe désormais une position plus protégée, offrant un cadre plus intime et propice à la détente. La cuisine, au contraire, s’ouvre largement sur l’extérieur et dialogue directement avec les terrasses et la cuisine extérieure, permettant de prolonger naturellement les moments de convivialité et de partage.

Contrairement au projet Gili 1, dont le pavillon principal reposait sur une structure en bambou courbé, cette version privilégie une construction entièrement réalisée en bois. Les charpentes adoptent une structure traditionnelle plus simple, permettant de mobiliser des techniques et des savoir-faire largement maîtrisés par les artisans locaux. L’ensemble des toitures est couvert en alang alang, un chaume traditionnel issu de feuilles de palmier, qui confère à la villa une identité plus vernaculaire tout en assurant une excellente intégration dans le paysage balinais.

Cette approche constructive répond également à une logique d’économie et de simplicité de mise en œuvre. Le recours à des matériaux locaux et à des techniques traditionnelles permet de réduire les coûts de construction tout en valorisant les ressources et les compétences présentes sur le territoire.

Comme dans la première proposition, un travail spécifique a été mené sur la conception sur mesure des éléments mobiliers. Dans les deux options, les chambres ont également été pensées comme de véritables espaces d’immersion dans l’environnement tropical. Les pavillons s’ouvrent généreusement sur le paysage grâce à des ouvertures doubles disposées sur trois côtés, permettant de multiplier les vues, de favoriser la ventilation naturelle et d’effacer au maximum la frontière entre intérieur et extérieur. Cette disposition offre une expérience de séjour directement connectée au jardin, à la lumière et aux mouvements de la nature environnante.

Cette variante du projet Gili 1 illustre ainsi une autre manière d’aborder la villa balinaise contemporaine. En s’appuyant sur des techniques constructives simples et locales, elle propose une architecture sobre et sensible, attentive à son environnement et aux usages, tout en conservant l’esprit d’ouverture et de convivialité qui caractérise le projet initial.